A LA UNE Mitsubishi Pajero
Mitsubishi Pajero : le pionnier

Les SUV sont aujourd’hui omniprésents sur nos routes, avec  25 % du marché européen en 2016. Mais on oublie souvent qu’il y a 35 ans, ils étaient considérés comme une curiosité marginale… Et c’est précisément à cette époque que le Mitsubishi Pajero fit son apparition. Il s’agissait là de la première démonstration du savoir-faire de la marque en matière de SUV conjuguant esprit visionnaire, ingénierie de pointe et pedigree sportif.

Jusqu’à l’arrivée sur le marché de la légendaire Jeep en 1941, les véhicules 4×4 étaient réservés aux tâches les plus rudes. Il en était ainsi du prototype PX33 lancé par Mitsubishi en 1936. La Jeep devint subitement l’incarnation du petit véhicule tout-terrain. A la fois agile et baroudeur dans l’âme, aussi à l’aise en opérations militaires que dans les champs de labour. Ses aptitudes universelles ne passèrent pas inaperçues. Ainsi différents constructeurs du monde entier puisèrent leur inspiration dans ce concept original en vue de développer leurs propres véhicules tout-terrain légers à quatre roues motrices.

Mitsubishi opta quant à lui pour une solution plus rapide en signant un contrat d’assistance technique et de vente avec Willys-Overland à l’occasion du lancement en production de la Jeep en 1953 (jusqu’en 1998 pour les Jeep civiles). La première forme d’émancipation vers ce qui deviendrait, des années plus tard, les véhicules de sport et de loisirs (SUV) se produisit en 1963, avec le lancement de la Jeep Wagoneer. Ce 4×4 tout-terrain aux allures de break, élégant, correctement équipé et confortable. Parfaitement en phase avec la société d’abondance des années 1960, elle inaugura une nouvelle ère. Voilà qui encouragea son constructeur American Motors Corporation à « civiliser » ses propres Jeep CJ. Le mouvement fit des émules parmi une poignée de constructeurs, dont Mitsubishi Motors.

Un concept-car pour annoncer le Mitsubishi Pajero

De fait, Mitsubishi s’appuya sur différentes études de marché pour également anticiper la demande en véhicules tout-terrain « plus civilisés » et davantage dans l’air du temps. Le constructeur commença par sonder le marché en proposant plusieurs showcars « lifestyle ». Le Mitsubishi Pajero I de 1973 constituait un premier pas vers le Pajero dans sa version définitive. Le concept Mitsubishi Pajero II à toit Targa a suivi au salon de Tokyo en 1979, dans une éclatante livrée orange. Voilà qui confirmait les intentions de Mitsubishi, tant dans la forme que sur le fond. Il s’affichait en effet comme un véhicule de loisirs à la fois compact et « civilisé ». Pour autant, il était doté d’authentiques aptitudes en tout-terrain. Et son design définissait les grandes lignes du langage stylistique du Mitsubishi Pajero que l’on retrouve encore aujourd’hui. A commencer par son fameux « regard ».

Un Mitsubishi Pajero innovant

Moins de trois ans plus tard, en mai 1982, le Mitsubishi Pajero de première génération fut lancé au Japon. Il était disponible tout d’abord en version 3 portes, avec toit rigide fermé ou capote découvrable. Ce SUV compact (387 cm) entrait dans la même catégorie que d’autres véhicules d’avant-garde. Par exemple Range Rover de 1970, la Lada Niva de 1976. Le Jeep Cherokee (XJ) ayant été lancé en 1983, soit un an après le Pajero. Capitalisant sur l’expertise technique reconnue de Mitsubishi, le Pajero bénéficiait de plusieurs innovations. Notamment d’une suspension avant indépendante à double triangulation, d’une direction assistée ou encore de sièges avant suspendus. tous ces équipement étaient encore peu communs sur ce type de véhicule au début des années 1980, mais en parfaite adéquation avec les attentes des clients.

Mitsubishi continua de jouer la carte de l’innovation tout au long du cycle de vie du premier Mitsubishi Pajero. Au fil des millésimes, il reçut des moteurs Diesel suralimentés avec intercooler, une transmission automatique, des freins à disque sur les quatre roues, ou encore une nouvelle suspension arrière multibras avec ressorts hélicoïdaux.

Deuxième génération en 1991

La deuxième génération de Mitsubishi Pajero fut lancée en janvier 1991. Elle poursuivit l’évolution en se dotant d’une boîte de transfert sophistiquée « Super Select 4WD ». Celle-ci permet à son conducteur de bénéficier d’une transmission intégrale permanente et de passer de 2 à 4 roues motrices jusqu’à 100 km/h. Par ailleurs, on note l’arrivée d’un ABS Multimode hautement sophistiqué – un système modulaire interagissant avec la transmission Super Select. Le Mitsubishi Pajero gagna ensuite un airbag conducteur. Puis, en 1997, il se dota de la technologie d’injection directe d’essence GDI.

À compter de 1999, année de lancement de sa troisième génération, le Mitsubishi Pajero adopta une nouvelle architecture monocoque. Les suspensions avant et arrière étaient indépendantes et la direction à crémaillère. Les transmissions automatiques INVECS s’adaptent au style de conduite de l’utilisateur. La boîte de transfert, désormais baptisée « Super Select 4-II », est également gérée électroniquement.

Une portée mondiale pour le Mitsubishi Pajero

1983 fut une année déterminante à double titre pour le Mitsubishi Pajero. D’une part, c’est le lancement de sa version 5 portes à empattement allongé avec trois rangées de sièges. D’autre part, il débute à l’international. Ce sont plus de 3 millions de Pajero qui ont été produits depuis 1982. Sans compter ses versions rebadgées telles que le Dodge Raider (de 1987 à 1989) ou le Hyundai Galloper (de 1991 à 2006).

Au final, le succès commercial du Mitsubishi Pajero au niveau mondial, associé à ses performances de légende en compétition, ont conduit Mitsubishi Motors à faire du nom Pajero une franchise marketing à l’échelle internationale. Il a ainsi eté utilisée pour toute une myriade d’autres SUV. On dénombre donc le Mitsubishi Pajero Mini, une K-car de 660 cm3 réservée au marché japonais (1994-2012). Le petit SUV Pajero Junior (1995-1998). L’imposant Pajero Sport dérivé du L200 (1996 à aujourd’hui). Ou encore le Pajero iO, dénommé Pajero Pinin en Europe à l’âme citadine (décliné en différentes versions de 1998 à 2007). Sans oublier également le Pajero Evo aux aptitudes exceptionnelles…

Le Mitsubishi Pajero, une icône de la compétition automobile

Le Mitsubishi Pajero a connu une renommée internationale en compétition automobile lorsque Sonauto, son distributeur français de l’époque, décida de l’inscrire à la plus mythique des courses tout-terrain : le rallye Dakar. En guise de clin d’œil au tout premier 4×4 conçu par Mitsubishi, Sonauto développa une version rallye-raid du PX33 de 1936. Celui-ci reprenant les trains de roulement du Pajero. L’une d’elles, pilotée par le Français Jean-Pierre Jaussaud, participa à l’édition 1989 du rallye Paris-Tunis-Dakar. Elle termina alors à la 31ème place du classement général.
Depuis sa première participation au Dakar en 1983, le Pajero a décroché un nombre impressionnant de victoires dans cette épreuve. Il détient le record de 12 victoires au total entre 1985 et 2007. A ces dernières s’ajoute la Coupe du monde 2003 des rallyes-raids de la FIA.

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